Libre de le dire Ecole

Au Travail

Témoignages

Parole de salarié

Le principe de laïcité mal compris fait croire aux managers, mais aussi aux croyants qu’il est interdit de partager sa foi dans l’entreprise. Or, depuis le début de ma carrière, j’ai toujours eu la possibilité de partager des moments de lecture de la Bible avec mes collègues. Certains disaient connaître Dieu, d’autres pas, d’autres se sont déclarés athées, tous venaient pour découvrir la Bible. Nous commencions par la lecture du texte accompagné seulement de commentaires de compréhension, sans jamais chercher à convaincre. Quand les participants n’étaient pas tous chrétiens, je demandais l’autorisation à ma hiérarchie qui a toujours accepté sous réserve de ne pas perturber le travail.

Cadre de direction dans la recherche, Île-de-France

Parole de soignant

Les médecins ont la possibilité de refuser un soin au nom de leur foi à condition de proposer un autre confrère pour la prise en charge. Quand cela m’arrive de refuser un soin, je précise d’abord que c’est au nom de mes convictions personnelles sans en dire plus. Étant maître de stage des universités, je suis en effet tenu au principe de laïcité en présence de mes étudiants. Si le patient souhaite échanger sur le sujet et que je suis seul avec lui, je précise que c’est au nom de ma foi et qu’en parler engage l’homme plus que le médecin, même si les deux ne font qu’un. Je formalise ainsi un espace de permission, avec tact et respect du patient, un espace de discussion entre personnes et non entre médecin et patient.
J’attire par ailleurs l’attention de mes étudiants sur la souffrance spirituelle des patients, qu’ils doivent systématiquement discerner, non pour y répondre eux-mêmes mais pour qu’elle soit nommée et pouvoir rechercher les interlocuteurs adaptés si besoin. Cela rejoint la notion de souffrance spirituelle, psychologique et sociale qui participe, avec la douleur physique, à la souffrance totale, décrite par Cicely Saunders (médecin britannique, pionnière des soins palliatifs au Royaume-Uni).

Médecin généraliste, Rhône-Alpes

Parole d'enseignant

Tout ce que présentent les livres scolaires n’est pas « parole d’Évangile ». Sans que cela pose de « problème de conscience », il est possible d’amener les enfants à réfléchir sur les représentations faites des dinosaures dans les livres de classe : en comparant des représentations du 19e et du 20e siècle, en s’interrogeant sur la couleur de leur peau (les représentations actuelles sont très colorées, mais quelles «preuves» en a-t-on? Quelle est la part de l’imaginaire dans les représentations qui sont transmises?) Sur l’origine de l’univers, il est juste de respecter les débats qui peuvent naître en classe entre les enfants: ceux qui y verront l’œuvre divine et ceux qui se disent que le hasard fait bien les choses. Et puis la liberté pédagogique de l’enseignant doit également se manifester dans le choix des manuels, des outils pédagogiques et des démarches didactiques qu’il propose à sa classe. Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu’il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire, sinon, parlez hardiment: car ce que vous allez communiquer à l’enfant, ce n’est pas votre propre sagesse ; c’est la sagesse du genre humain, c’est une de ces idées d’ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l’humanité.
Jules Ferry dans sa lettre aux instituteurs (1883)

Professeur des écoles, Haute-Normandie


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